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Journal Articles Frontière·s : revue d’archéologie, histoire et histoire de l’art Year : 2022

Water as boundaries in the Greco-Roman Netherworld, after Homer’s Odyssey, Hesiod’s Theogony, Plato's Republic and Virgil’s Aeneid

Les eaux comme frontières dans les Enfers gréco-romains, d’après L’Odyssée d’Homère, la Théogonie d’Hésiode, La République de Platon et L’Énéide de Virgile

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Abstract

Waters are everywhere in the Ancient Netherworld, at the entrance and inside as several rivers organize the topography into various separate spaces. They represent a geographical border which, in Hesiod’s vertical organization of the world, marks the limit between the earthly surface of the living and the underworld of the dead: thus, in the Odyssey, the confluence of the two rivers, at the edge of the Ocean, marks the entrance to the Underworld for Ulysses, whereas it is the lake Avernus for Aeneas, in Virgil’s Aeneid; or the Styx and its marshes that the dead cross in Charon’s boat. Once in the realm of Hades, rivers demarcate different areas. The Pyriphelegeton, ‘river of fire’, encloses Tartarus, reinforcing the separation between the criminals locked up there and the others; the river Ameles in the plain of Lethe symbolizes a border between past and future, providing souls with the oblivion of their past life before their reincarnation, according to the Platonic myths of the Phaedo and the Republic. We will consider the different forms of border the infernal waters illustrate in these Ancient literary texts: symbolic borders whose fluidity conceals a fundamental ambiguity–water as an element symbolizes both life and death–, by creating separations but also allowing transitions and circulation, especially between real and imaginary worlds.
Les eaux sont omniprésentes dès l’entrée des Enfers gréco-romains, et plusieurs fleuves organisent la topographie des lieux en divers espaces séparés. Ils représentent une frontière géographique qui, dans l’organisation verticale du monde selon Hésiode, marque la limite entre la surface terrestre des vivants et l’inframonde des morts : ainsi, dans L’Odyssée, le confluent des deux fleuves, au bord de l’Océan, marque l’entrée des Enfers pour Ulysse, tandis que c’est le lac Averne pour Énée dans L’Énéide de Virgile, ou encore le Styx et son marais que les morts franchissent dans la barque de Charon. Une fois dans le royaume d’Hadès, des fleuves y délimitent plusieurs zones. Le Pyriphélégéton, « fleuve de feu », enserre le Tartare, renforçant la séparation entre les criminels qui y sont enfermés et les autres ; l’Amélès dans la plaine du Léthé, symbolise une frontière temporelle entre le passé et l’avenir, en procurant aux âmes l’oubli de leur vie passée avant leur réincarnation, selon les mythes platoniciens du Phédon et de La République. Nous envisagerons, dans une perspective diachronique, les différentes formes de frontière que sont les eaux infernales dans ces textes littéraires antiques : frontières symboliques dont la fluidité recèle une ambiguïté fondamentale – celle de l’eau, élément à la fois de vie et de mort –, en séparant, mais aussi autorisant, voire favorisant, transitions, passages et circulations, en particulier entre réel et imaginaire.

Dates and versions

hal-03923551 , version 1 (04-01-2023)

Identifiers

Cite

Emilia Ndiaye. Les eaux comme frontières dans les Enfers gréco-romains, d’après L’Odyssée d’Homère, la Théogonie d’Hésiode, La République de Platon et L’Énéide de Virgile. Frontière·s : revue d’archéologie, histoire et histoire de l’art, 2022, 7, pp.45-56. ⟨10.35562/frontieres.1428⟩. ⟨hal-03923551⟩
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